À 1500m d'altitude, ce village est le plus haut du département avec seulement 120 habitants

Saint-Dalmas-le-Selvage s'impose comme le village le plus élevé des Alpes-Maritimes, perché à 1 500 mètres d'altitude au cœur du Parc national du Mercantour. Cette commune montagnarde aux caractéristiques alpines préservées compte seulement 120 âmes qui vivent au rythme des saisons dans un environnement naturel exceptionnel. Le village témoigne d'une architecture traditionnelle remarquable avec ses maisons en pierre et ses toits de lauzes, typiques des zones de haute montagne.

Un village authentique qui cultive ses traditions pastorales depuis plus de 800 ans

L'histoire de Saint-Dalmas-le-Selvage remonte au XIIe siècle, lorsque les premiers bergers s'installèrent sur ces hauteurs propices à l'élevage. Les archives départementales révèlent que dès 1232, la communauté était déjà organisée autour de l'activité pastorale, avec plus de 10 000 ovins qui parcouraient les alpages en période estivale. Cette tradition perdure aujourd'hui avec près de 3 000 brebis qui transhument chaque année vers les pâturages d'altitude.

L'église Saint-Dalmas, construite au XVe siècle, domine le village de sa silhouette massive. Son clocher, haut de 25 mètres, servait autrefois de repère aux bergers et aux voyageurs. L'édifice abrite des fresques remarquables datant du XVIe siècle, notamment une représentation de Saint Dalmas, le saint patron des bergers, qui s'étend sur plus de 15 mètres carrés.

Le village conserve précieusement son patrimoine bâti, avec 85% des constructions datant d'avant 1900. Les ruelles étroites, dont certaines ne dépassent pas 1,20 mètre de large, serpentent entre les maisons aux façades de pierre locale. Ces bâtisses, construites selon des techniques ancestrales, peuvent supporter des charges neigeuses allant jusqu'à 400 kg par mètre carré sur leurs toits.

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Un territoire de 4700 hectares aux portes du Parc national du Mercantour

Le territoire communal s'étend sur 4700 hectares, dont 60% se trouvent à plus de 2000 mètres d'altitude. Cette situation géographique exceptionnelle offre un accès privilégié à plus de 50 kilomètres de sentiers de randonnée balisés, permettant d'observer une faune et une flore alpines remarquables. Les botanistes ont recensé plus de 500 espèces végétales différentes sur la commune, dont 12 sont endémiques des Alpes du Sud.

Le climat particulier de Saint-Dalmas-le-Selvage, caractérisé par 300 jours d'ensoleillement par an malgré l'altitude, crée des conditions idéales pour la pratique des activités de montagne. En hiver, le village reçoit en moyenne 4 mètres de neige cumulés, permettant le maintien d'un domaine skiable de proximité qui s'étend sur 150 hectares.

Les alpages communaux, qui couvrent 2800 hectares, accueillent chaque été plus de 3000 brebis. Cette activité pastorale séculaire contribue à l'entretien des paysages et au maintien de la biodiversité. Les bergers utilisent encore les anciennes cabanes d'alpage, dont certaines datent du XVIIIe siècle et sont situées jusqu'à 2400 mètres d'altitude.

Une économie montagnarde qui s'adapte aux défis du XXIe siècle

Malgré son isolement relatif - le village se trouve à 85 kilomètres de Nice - Saint-Dalmas-le-Selvage développe une économie locale dynamique. La commune compte 15 exploitations agricoles actives, principalement orientées vers l'élevage ovin et la production de fromage. La fromagerie communale, créée en 2010, transforme annuellement 50 000 litres de lait en fromages traditionnels.

Le tourisme durable représente désormais 40% de l'activité économique locale. Le village dispose de 250 lits touristiques répartis entre gîtes ruraux, chambres d'hôtes et un refuge de montagne. Les visiteurs peuvent découvrir 8 circuits thématiques qui retracent l'histoire et les traditions du village, dont un parcours architectural de 3 kilomètres inauguré en 2018.

La commune a su préserver son authenticité tout en s'adaptant aux enjeux contemporains. Un projet de rénovation énergétique, lancé en 2019, a permis d'équiper 30% des toitures en panneaux solaires, tout en respectant l'architecture traditionnelle. Le village produit désormais 25% de sa consommation électrique grâce aux énergies renouvelables.